Première impression très mitigée. Gare du nord vieillote et, dès la sortie, le regard tombe sur de nombreux immeubles délabrés voire en ruines.
Surnommée autrefois le Petit Paris de l'est en raison de ses grands boulevards et ses palais belle époque, Bucarest offre maintenant un visage saisissant : d'un côté, des bâtiments monumentaux et des églises somptueuses (on dirait les seuls édifices bien entretenus en ville); de l'autre des immeubles en béton fissurés, des façades noircies et des bâtiments classés à risque sismique dont les occupants n'ont pas été relogés.
Sous Ceausescu, un cinquième de la ville a été rasée pour réaliser la Maison du peuple (actuel parlement) et les grands boulevards du centre-ville. Une partie des quartiers a été rasée et des immeubles de style réaliste socialiste ont été construits.
De nombreux bâtiments ont été confisqués et loués à des proches du régime, ouvriers et fonctionnaires, sans jamais que leur entretien soit effectué. Après 1989, sur pression de l'UE, le parlement a décidé de restituer les biens à leurs anciens propriétaires mais en fait plus de 3/4 des objets ont simplement été vendus à bas prix à leurs locataires. Situation juridique complexe : 1 appartement peut avoir 2 propriétaires et aucun ne souhaite s'occuper de l'entretien. Ceci explique l'état de nombreux immeubles. Les risques sismiques empêchent également souvent toute rénovation.
Passé ceci, la ville est très accueillante et propre. Les transports publics sont efficaces, même si les lignes de métro n'ont pas encore été bien raccordées.
L'offre muséographique est riche en nombre mais pas forcément en qualité : accent mis essentiellement sur le classique pour les beaux-arts et sur l'antiquité et le monde paysan pour l'histoire.
Durant le week-end, la principale artère traversant le centre-ville du nord au sud, la Rue de la victoire, est rendue aux piétons. Très belle ambiance avec une foule impressionante déambulant et profitant des nombreuses terrasses.